Comprendre le succès des compagnies aériennes Low Cost

Henri Borie

Hello les AvGeeks !
C’est décidé, ce mois-ci on se lance dans un dossier spécial « Compagnies aériennes Low Cost ».
L’occasion de nous plonger dans quelques lectures spécialisées au coin du feu. On s’est dit que vous seriez surement intéressés par une petite piqûre de rappel des facteurs clés de succès du modèle Low Cost dans l’aérien. Prêt ? Décollage !

On commence avec une stratégie commerciale différenciante.

La Stratégie Hub and Spoke vs la Stratégie Point to point

À l’inverse des compagnies aériennes traditionnelles qui utilisent une gestion en Hub and Spoke, les compagnies Low Cost ont adopté la gestion Point to point. Quelle est la différence ?

Pour la stratégie Hub and Spoke : Bien que les compagnies aériennes traditionnelles soient implantées dans les principaux hubs à travers le monde, pour des raisons évidentes de coûts et de rentabilité, elles ne peuvent pas proposer des vols directs pour chaque destination. Il n’y aurait jamais assez de monde dans les avions et les compagnies n’arriveraient pas à couvrir les coûts fixes qui composent un billet d’avion. Pour remplir les avions au maximum, les compagnies affrètent d’abord des vols courts et moyens courriers au départ des aéroports secondaires vers leur hub principal.  C’est de ce hub que partent les vols longs courriers directs vers les aéroports internationaux.

Exemple :  une compagnie française basée à Paris – Roissy CDG, souhaitant effectuer un vol direct Paris (CDG) – New York (JFK) et un vol direct Paris (CDG) – Tokyo (NRT). Elle est obligée d’affréter plusieurs vols dits « courts-moyens courriers » au départ de Rome, Madrid et Londres afin de remplir les deux vols longs courriers directs.

Stratégie Hub-and-Spoke

Pour la stratégie Point-to-Point : Le modèle Low Cost impose de relier chaque ville de départ et d’arrivée en vol direct sans escale. Chaque avion vole directement vers sa destination finale. C’est aux passagers de se déplacer vers l’aéroport de départ. Les coûts fixes sont considérablement réduits du fait de l’économie de carburant réalisée et d’une gestion aéroportuaire simplifiée.

Stratégie Point to Point - Compagnies aériennes Low Cost

Une portée régionale uniquement.

Le modèle Low Cost impose aux compagnies aériennes de rester en local. À l’image du modèle à bas coûts américain se contentant d’affréter des vols intérieurs, le modèle européen vise uniquement les villes européennes, d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Le choix des aéroports en périphérie.

Si vous avez déjà volé sur Ryanair, vous savez qu’il faut rejoindre l’aéroport de Beauvais et non celui d’Orly (ORY) ou Charles de Gaule (CDG) pour un vol au départ de Paris. La compagnie a choisi un aéroport en périphérie pour diminuer les coûts fixes : les taxes aéroportuaires y sont moins importantes. En revanche, les billets d’avion sont effectivement à 15€, mais il ne faut pas oublier le coût du déplacement supplémentaire (on peut pas avoir le beurre et l’argent d’Uber). 🙂

On enchaîne avec l’optimisation des coûts fixes !

Afin de toujours assurer une sécurité optimale en vol tout en proposant des tarifs bon marchés, pas le choix, il faut revoir la copie des dépenses :

  • Les flottes d’avions sont donc souvent modernes avec des moteurs de dernières générations – Airbus A319, A320 ou Boeing 737 – garantissant une consommation maîtrisée. Les pilotes sont formés à l’éco-pilotage.
  • Niveau gestion des Ressources Humaines on se sert la ceinture : terminé les avantages des grandes compagnies. Finies les escales dans les hôtels payés par l’employeur, avec le modèle Low Cost chacun rentre à la maison tous les soirs. Seul le temps de vol est comptabilisé comme temps de travail au sein des conventions collectives des PNC.
  • Côté Marketing, on dit adieu aux systèmes de réservation type GDS (Global Distribution System). Les programmes de fidélité existent (même s’ils sont basiques).

Ensuite on simplifie l’offre de services

Alors que le modèle classique propose jusqu’à 3 niveaux de prix différents pour un même vol (Economy, Business, First), avec le Low Cost c’est tout le monde en « Classe Chicken » : 2 rangées de 3 sièges.

Quoi ? Tu ne connais pas la « Classe Chicken » ?

Classe Chicken - avion

Maintenant si 🙂

Des services aussi simples que les journaux, le déjeuner, le choix du siège ou même les toilettes deviennent des options payantes. (mais bon ça va aller, on s’y fait très bien au final et ce n’est pas sur toutes les compagnies low cost non plus).

On standardise les process internes

Les compagnies Low-Cost standardisent leur flotte d’appareils en se limitant à un ou deux modèles, souvent des petits avions. Cela facilite l’embarquement, simplifie la formation des pilotes et PNC et optimise la maintenance.

En effet, un embarquement pour un vol Paris-Rome sur A319 pose moins de problèmes qu’un Paris-Johannesburg sur Boeing 777. Concernant la maintenance, réparer 3 avions du même modèle coûte moins cher que 3 de modèles différents.

Et on finit par raccourcir les circuits de décision

La sous-traitance de nombreuses activités et services permet d’alléger les structures de fonctionnement. Les passagers s’enregistrent seuls en arrivant à l’aéroport. Les salons d’attentes « lounge » n’existent pas.

En interne les circuits de décision sont plus courts et permettent une plus grande flexibilité.

Les accords d’entreprise sont moins contraignants pour le top management des compagnies – Primes et billets GP sont quasiment inexistants comparé au modèle traditionnel.

image dessin Avion Avgeek

En conclusion de ce 1er article de notre dossier spécial « Compagnies aériennes Low Cost », ces 20 dernières années ont vu naître une nouvelle façon de voyager en avion et ont favorisé l’émergence de nouveaux concepts d’expérience passagers (le fameux #PaxEx). Avec le modèle Low Cost, les consommateurs recherchent davantage de pragmatisme à l’inverse des valeurs « luxe » et « confort » qu’offre le modèle traditionnel.

Ces facteurs clés de succès ont permis aux compagnies aériennes Low Cost de capter des parts de marché en affichant des taux de rentabilités élevés. Tout ceci en acceptant d’importants changements dans les modes de fonctionnement tant au niveau technique qu’au niveau humain.

Des acteurs comme EasyJet et Ryanair ont été les premiers à parier sur ce modèle risqué mais efficace. Ces compagnies aériennes affichent aujourd’hui des taux records de rentabilité. Les compagnies traditionnelles ont suivi la tendance en créant leurs filiales à bas coûts. On pense à Germanwings, Vueling, Velotea ou encore Transavia qui souffle cette année ses 10 bougies.

Le modèle Low-Cost fonctionne finalement tellement bien que les experts du secteurs parlent désormais d’adapter ce modèle aux vols long courriers. À suivre dans un prochain article…

Bon Vol les AvGeeks
La Rédac’
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